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Dans le cadre des 2e Rencontres Photographiques de Créteil du 02 au 16 février 2008 Parrainées par William KLEIN.
347 is a magic number Petite histoire photographique d'un squat théâtre à Paris, une exposition photographique de gaelic.
Voir les photographies
Club de Créteil - 01 48 99 75 40 Rue Charpy - 94000 Créteil Métro Créteil Université / Bus 317 & TVM Ouvert du lundi au samedi / 8h30-20h Du samedi 2 au samedi 16 Février 2008 Vernissage mardi 5 Février / 18h30-21h
347 is a magic number Petite histoire de la vie éphémère d'un squat à Paris.
Pour certains, le mot squat appartient au répertoire de l'Axe du Mal. Le squatter est un cafard hors la loi. Pourtant, je revois les images d’Albert Jacquard et de l'Abbé Pierre qui, face aux caméras qu'ils ont convoqué, revendiquent la responsabilité de l'ouverture illégale d'un immeuble réquisitionné par le DAL (Droit Au Logement). Dans la mouvance des squats, d'autres nécessiteux ont repris l'idée pour une autre cause. Les non-artistes, les sans-diplômes, les cloche-arts, les hors-contemporains, peu importe la définition pour ces inclassables qui ne sortent pas des grandes écoles d'Arts. Des rebelles qui cherchent des espaces pour stocker, créer, rencontrer, exposer, imaginer, projeter, expérimenter, confronter, bousculer...
Le 347 était en fait le fabuleux théâtre du Grand Guignol. En 1895, la chapelle de la rue Chaptal devint salle de spectacles. Après avoir été le Théâtre-Salon, elle fut rebaptisée le théâtre du Grand-Guignol, qui présenta durant des décennies des oeuvres d'horreur et d'épouvante usant d'effets spectaculaires. En 1963, la salle devint le Théâtre 347, puis l'école dite «de la rue Blanche» pour les étudiants de l'ENSATT. Le lieu a été fermé puis laissé à l'abandon, oublié pendant près de cinq ans. De l'ouverture du théâtre, une nuit de printemps, à la restitution du lieu, un an plus tard. Un voyage photochronologique avec quelques acteurs de la vie de notre 347, à travers spectacles, coulisses, expositions, installations et évènements.
Mes passages dans d’autres lieux illégaux également disparus (In Fact, l'Hôtel Survolt, 59 Rivoli et les Falaises) m'ont conduit à faire partie de la petite dizaine qui a rouvert le théâtre 347 en mars 2001. Je me souviens de l'excitation des premières nuits où tout était à faire, la frustration des premiers mois où le théâtre exigeait des spectacles qui ne venaient pas, l'euphorie de la semaine où pour la première fois, nous avons fait salle comble et refusé des spectateurs. Toute l'année, j'ai photographié dans le lieu, des spectacles, des expositions, des installations, des gens. En Juin 2002, le collectif 347 a du libérer le théâtre après une année d'occupation. 250 spectacles, concerts, performances et une cinquantaine d'expositions ont existé dans un espace qui aurait pu rester vide.
Extrait du 2eme manifeste de l'internationale squattiste: Il n'y a pas d'espaces vides Il n'y a que des espaces prisonniers.
Prisonniers de la spéculation immobilière Prisonniers de l'incompétence administrative de certains pouvoirs publics […] Il n'y a pas d'espaces vides Il n'y a que des espaces prisonniers
C'est en cela que le mouvement des artistes-squatteurs est un mouvement de libération. De libération des espaces prisonniers. Qu'un espace prisonnier soit, par la présence d'artistes-squatteurs, libéré ; qu'il soit libéré pendant deux heures, deux jours, deux mois ou deux ans, peu importe, le fait le plus important est qu'il ait été libéré : qu'il ait connu le goût de la liberté. […] L'essence même du mouvement des artistes-squatteurs est de libérer les espaces prisonniers, en y instaurant un mode d'organisation nouveau et révolutionnaire. Le mouvement des artistes-squatteurs est un mouvement armé. De mots, de couleurs, de supports, de formes, de sueur, de larmes, de silences. Et de rien d'autre .C'est un mouvement vulnérable, hissé par des vulnérables. Au service de tous. En quoi est-il révolutionnaire? Tout simplement parce qu'il se propose de faire tout le contraire de ce que font les institutions : là où elles s'acharnent à tout séparer , ici le lieu de résidence, là le lieu de création, ailleurs le lieu de monstration, plus loin encore le lieu de diffusion, le mouvement des artistes-squatteurs s'acharne à tout réunir : et c'est pourquoi les squarts ne sont ni des lieux de résidence, ni des lieux de création, ni des lieux de monstration, ni des lieux de diffusion mais tout cela à la fois et beaucoup plus encore. Gratuitement.
Squatter ne sera jamais un droit, mais Squatter sera toujours un devoir.

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